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Petit oiseau perdu
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Super Nanite
Silivren
Féminin
Age : 24
Nombre de messages : 2332
Date d'inscription : 07/07/2018
Crédit avatar : Embrace de Lhuin (Deviantart)

Vos Personnages
Personnages:
PersonnagesPerso 1Perso 2Perso 3Perso 4Perso 5Perso 6Perso 7Perso 8
Prénom & âgeCayden Cholena (17)Anoushka (7)Raz'Sha (35)Furaha (34)Mikhaïl (30)Viholvä (777)
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MessageSujet: Petit oiseau perdu   Petit oiseau perdu - Page 2 EmptyDim 8 Juil 2018 - 12:30
Silivren a dit :
Rappel du premier message :


  Prénom : Camille
  Age : 24 ans
  Activités : Master Histoire Ancienne + CAPES = prof d'histoire géo. Prévisions d'avenir : quelques années de professorat, mise à niveau en latin/grec, apprentissage du vieux norrois et thèse. Sinon, j'achète un mas en Camargue et j'ouvre un bar à chats/cuisine nordique u-u.
  Centres d'intérêts : Mmh... Difficile de trouver par quoi commencer. Ah si, l'Histoire. Mais c'est plus ma partenaire de vie qu'un centre d'intérêt. A ses côtés gravitent diverses choses. La lecture, l'écriture, le dessin, pour résumer, surtout créer. J'aime les animaux, surtout les chats, les loups et les chevaux. Et oui, sans surprise, je fais de l'équitation ; vive la Camargue ! J'aime le soleil, lézarder, sortir en pleine nature. Et oh, j'ai quelques "déformations professionnelles" : la mauvaise habitude de citer des auteurs, la manie de zieuter les fils d'actualités et une curiosité sans cesse renouvelée.
  Où j'ai trouvé le forum : Partenariat Earth Wolf.
  Un petit mot pour Nano. ? : Deux choses m'ont particulièrement attirée sur ce forum. Ah non, trois. Tout d'abord, le concept original. Un vrai défi pour moi, car la tendance est plutôt aux pavés de mon côté. Ensuite, le design original, frais et très sympa du forum. Enfin, cet humour présent un peu partout. Rien qu'en me renseignant, j'ai eu le sourire à de maintes entreprises.
  Activité à Prévoir : Jusqu'à la rentrée, au moins une activité quotidienne, si elle n'est plurielle. Après, cela dépendra de mon temps libre, même si j'essaierai sans doute de garder une visite par jour.
 


 

○ Prénom et Nom : Cayden Cholena Tyler
○ Nom de code : Harpie
○ Age : 17 ans
○ Race : Mutant
○ Alignement : Prof Xavier
○ Métier : Heureusement pour moi, je ne suis qu'un simple élève à l'Institut. Je n'ai pas encore à m'inquiéter de trouver un travail avec mon apparence atypique. Et je ne suis pas pressé, je vous l'assure.
○ Pouvoir :Par où commencer ? Le plus évident, sans doute. Ma mutation est en grande partie physique.
Il y a encore un an, tout était normal. Je n'étais qu'un adolescent comme il y en a des centaines. Puis la douleur a commencé, sourdement, comme un tambour dans la nuit. Peu audible au départ, puis de plus en plus puissant et prégnant. Et la douleur allait crescendo avec son rythme ascendant. Mon corps changeait. Oh non ! Ce n'était pas l'adolescence, ses boutons, ses hormones et tutti quanti. Non, non, c'était pire. Mes jambes m'ont lâché en premières. Cloué à mon lit, terrifié, je ne pouvais que subir ma transformation. Des pieds ? Je n'en ai plus guère d'une ombre. Mes orteils se sont allongés et durcis, jusqu'à former des serres terriblement encombrantes. Et peu sexy. Je vous jure, quelle galère pour marcher ! Je suis d'une maladresse ridicule sur le sol ferme. Alors, pour attirer le regard de quelqu'un autrement que gorgé de curiosité ou de dégoût...
Mais dans les airs.... Ah ! Dans le ciel bleu, je suis libre. Je suis moi-même. Et ma mutation prend un tournant plus joyeux.
Je vole, voyons-vous. Qui n'a jamais rêvé de parcourir les nuages ? Moi, j'ai toujours eu la tête perdue dans leurs volutes. Métaphoriquement avant, maintenant physiquement. Mais ce don n'est pas venu sans souffrance. Des plumes qui poussent au travers de la peau, vous savez ce que ça fait ? J'en ai hurlé des nuits et des nuits, incapable de fermer l’œil une seule seconde. La pousse des ailes et les plumes de queue ont été le moment le plus dur, j'ai cru y passer. Désormais, elles sont belles, mes ailes d'un rouge vif. Et ma collerette de la même couleur. Les plumes de mes jambes sont cependant brunes, allez savoir pourquoi.
Oh, j'allais oublier. Il n'y a pas que mes pieds déformés qui sont enquiquinants au quotidien. Mes mains et mes bras aussi ont subi cette affreuse mutation en serres. Ce côté-ci de la transformation, je ne l'aime vraiment pas, et je m'en serais bien passé. Sans que je ne l'explique, mes cheveux d'un noir de jais ont blanchi jusqu'à avoir une parure hivernale. Etrange...
Mais ma mutation ne s'arrête pas au physique. Sans que j'arrive à me l'expliquer, j'ai acquis une compréhension fusionnelle du vent. Je m'explique : je le sens, je le vois, je le touche, je l'entends, je connais ses goûts. Parfois, il m'obéit, quand je me concentre. M'enfin... ce n'est arrivé qu'une seule fois, sous le coup d'une grosse panique. Et après, j'étais dans les vapes durant des jours. Au quotidien, je goûte simplement ses arômes – le vent a des goûts différents, vraiment, qu'il soit sec ou gorgé de pluie, j'entends ses chants, je sens ses mouvements d'humeur et je peux les appréhender. Mais pour le voir, je dois me concentrer, et l'exercice m'épuise et m'affame. Je dois absolument être reposé et bien nourri pour ne pas m'effondrer. Ça m'est arrivé une fois, en plein vol. La chute a été douloureuse, surtout qu'une autre donnée rentrait dans l'équation. J'avais perdu une "aigrette" (je n'ai pas de meilleur mot pour décrire ces fines plumes qui entourent mes yeux) et j'ai appris ce jour-là qu'elles me servent d'"antennes" pour "capter" le vent.
Il y a encore de légers désagréments... disons que j'ai quelques comportements d'oiseau. J'ai fait des recherches, ma mutation m'a rapproché du Cardinal Rouge. Heureusement pour moi, il mange surtout des fruits, à côté des insectes. Pourtant, ils m'attirent bien souvent, à ma grande horreur. Il me faut aussi, absolument si je veux dormir, me créer un nid – un nid de couvertures, c'est suffisant, ce qui me rassure... parce que ramener des branchages dans ma chambre, ce serait vraiment le summum du bizarre ! Et pour m'être cassé quelques os en chutant, merci ma maladresse, il s'avère qu'ils se ressoudent très rapidement. Même s'ils ne sont pas bien remis. Du coup, je ne sais pas si c'est vraiment une bonne chose...
Voilà, vous savez tout. Enfin, tout ce que je sais à l'heure actuelle.
○ Crédit avatar : Chaotic Muffin.
 


 

 

  - Grand ou petit ? Ou entre les deux ?  Je n'ai jamais été bien grand. Enfant, j'étais toujours le plus riquiqui, et le souffre-douleur des autres par la même occasion. J'espère encore grandir mais je pense que c'est un espoir qui ne se réalisera pas : je n'ai pas pris un centimètre depuis plus d'un an. Mais il paraît qu'un mec, ça grandit jusqu'à sa vingtaine, j'ai encore le temps de choper un ou deux centimètres. Ou tiens ! D'avoir une subite et inattendue poussée de croissance.
Plus sérieusement, j'oscille à un mètre et soixante-deux centimètres. Ces deux petits centimètres sont très importants, ils font toute la différence. Rajoutez dix centimètres depuis que ma mutation m'a perché sur des serres. Mais bon, soyons honnêtes, un mètre et soixante-douze centimètres, ce n'est pas si grand que ça.
 
  - T’as des signes particuliers ?  Des cicatrices, j'en ai. Plusieurs dizaines de petites marques blanches sur mes bras et mes jambes. Je vous l'ai dit que je suis maladroit, non ? Et bien, j'arrive à me griffer moi-même avec mes serres. Très souvent en dormant. Je gigote trop, je crois. Mais aussi en essayant d'utiliser mes mains-griffes comme des mains humaines... ça ne fonctionne pas vraiment.
 
  - Décris-nous un peu ton style vestimentaire : Moi, avoir un style vestimentaire ? Si apprécier être à moitié nu est un style vestimentaire, voilà, vous l'avez.
Non pas que je sois nudiste ou exhibitionniste, hein ! C'est juste une question pratique. Je ne supporte plus le poids des habits. Sur les plumes, vous comprenez ? Les habits me les plient, ou les froissent, ou pire, les arrachent. J'en perds assez au quotidien, c'est une vraie plaie que de s'en occuper. Alors, le plus souvent, je ne porte qu'un short lâche et court, spécialement conçu pour ne pas écraser mes plumes de queue. Mon duvet me protège du froid en hiver. Mais puisque d'être à moitié nu en cours, ça ne le fait pas vraiment, j'ai aussi une sorte de veste "trouée" qui s'enfile par les épaules et qui s'attache sous les ailes pour ne pas gêner ses mouvements. Elle me froisse la collerette cependant, et ça, ça m'agace prodigieusement. Alors je l'enlève dès que je le peux.
 
  - Y a-t-il un objet que tu portes toujours sur toi ?  J'aime peindre. Pas avec un pinceau, parce que je n'arrive plus à le tenir avec mes mains-griffes. Mais j'ai toujours de la peinture et des petites toiles dans une sacoche que je traîne constamment avec moi. L'inspiration, ça vous prend subitement n'importe où ! J'ai aussi, très souvent, avec moi un petit appareil photo.
 
   
 

- T’as Facebook ? Twitter ? Tumblr ? T’es geek ? Oh non, je suis trop timide pour parler sur un réseau social. Par contre, j'apprécie Tumblr pour poster certaines de mes créations. Mes peintures, ou mes photos d'oiseau. Je crois qu'elles sont bien appréciées. Mais je ne réponds pas aux questions, j'ai trop la trouille pour ça. On m'y connait sous le nom de Cholena. C'est mon deuxième prénom, et celui que j'utilise le plus dans ma tête, mais il n'y a pas beaucoup de monde qui le connaît. Je ne me cache pas, si on prend la peine de me connaître.

- Ta famille est cool et fonctionnelle ? Je n'ai pas de famille. J'en avais une, quand j'étais petit. C'était une époque heureuse dont je chéris encore aujourd'hui le souvenir. Maman me berçait et chantait pour moi, quand je faisais des cauchemars. Papa ? Je ne l'ai jamais vu, et Maman n'en a jamais parlé. Elle a emporté ce souvenir dans sa tombe, lorsqu'une voiture me l'a volée. Après, j'ai été dans un orphelinat. Et quand mes plumes ont commencé à pousser... disons que mes gardiens n'ont pas trop aimé. Je ne sais pas si j'ai des grands-parents ou des tantes et des oncles. Maman n'en parlait jamais et personne n'est venu. J'aimerais rechercher mes origines, mais Tyler est un nom de famille courant et je ne peux pas vraiment ramener ma tronche de piaf devant tous les Tyler du pays. Alors je me contente de faire des recherches sur les coutumes nord-amérindiennes. Je sais que Papa y avait un peu ses racines, j'en ai légèrement hérité. Cholena, ça vient de ça. C'est étrange, ça signifie "oiseau", et voyez mon apparence maintenant. Maman m'appelait souvent "Mon petit oiseau". Quand je me rappelle son ton rempli d'amour, ma mutation me semble plus légère.

- C'est quoi tes passe-temps, dans la vie ? Avoir la tête dans les nuages. Non, ne riez pas, je suis sérieux ! Je suis assez dissipé, les problèmes de notre époque, ils me fatiguent. Je ne suis pas assez solide pour les porter. Trop sensible, trop timide, trop... tout ce que vous voulez dans ce sens-là. Alors je rêve dans les nuages. Je vole très souvent, je m'y sens bien là-haut. Sur terre, je ne suis que maladresse. Dès que je vois un oiseau, j'essaye de prendre de jolies photos de ses acrobaties aériennes. Mes premiers clichés sont ridicules. Parce que je suis souvent un acrobate moi-même, quand je les "chasse". Mais je m'améliore. Je peins aussi, avec mes griffes directement plongées dans la peinture. C'est souvent très abstrait, quand je me laisse porter par le courant. Mais je peins aussi des animaux, de toutes sortes. Surtout des oiseaux, je l'avoue.

- Une journée normale, pour toi, ça ressemble à quoi ? Quel que soit le jour, je commence par me lever à l'aube (un autre désagrément que d'être à moitié un piaf), refaire mon nid, m'occuper de mes plumes, ce qui me prend un temps considérable, et aller prendre un bon petit-déjeuner. En semaine, mes journées sont rythmées par les cours et mes évasions dans les airs dès qu'on a un moment de libre. Sinon, le reste du temps, je traîne par-ci, par-là, en solitaire, parce que je suis trop timide pour approcher de moi-même quelqu'un, à prendre des photos ou peindre.

- Si tu pouvais passer dans le journal de 20h, qu'aurais-tu à dire ? Passer à la télé ? Oh non, non ! Je n'aime pas être le centre de l'attention. Ma gorge se serre, je ne sais plus quoi dire, mon esprit devient aussi cotonneux qu'un nuage. Je pense que dire "Bonjour." serait déjà un exploit. Si j'y arrive, j'essaierai de parler de la situation des mutants, de réclamer des droits, et tout le reste.

- Si tu pouvais devenir mutant (si t'es humain) ou humain (si t'es mutant), tu le ferais ? Si je pouvais redevenir humain, j'aimerais avoir une vie bateau. N'être qu'un adolescent lambda au milieu de centaines d'autres. Je n'aime vraiment, mais vraiment pas, me démarquer dans la foule.
 


 

 Je suis né dans le nord du Maine, vers la frontière. Maman me racontait souvent que même le temps avait fêté ma naissance car ce jour de mi-juillet avait été particulièrement estival. Les oiseaux chantaient dans la campagne et le soleil réchauffait les terres. Elle ajoutait avec emphase que ma naissance avait emmené un nouveau soleil dans sa vie, un soleil qui l'éclairerait et la réchaufferait même durant les journées les plus froides de l'hiver. Je riais souvent quand elle me disait cela, un peu gêné, mais surtout fier de rassurer autant cette femme extraordinaire que j'adorais. D'un Papa, il n'y avait nulle trace, donc je voulais la voir sourire et ne pas penser à son absence inexpliquée.

Mes premières années furent donc douces. Il n'y avait pas l'ombre d'une plume de ma mutation. Je n'étais qu'un gamin ordinaire, un peu rêveur, un peu dans les nuages ou sur la lune ; rien d'inhabituel si on en croit les descriptions du signe Cancer. Je me rappelle des longues balades dans la forêt pour chercher les oiseaux. Maman les adorait et elle voulait absolument m'apprendre à reconnaître leurs plumes et leurs chants. Si elle avait su... L'hiver, nous restions dans la chaleur de la maison, sous la couette avec un chocolat chaud ou un thé brûlant. Je n'ai jamais aimé la neige. J'ai toujours été frileux, même si aujourd'hui mon duvet me protège mieux, et jouer dans la poudreuse ne m'a jamais tenté. Brrr... C'est froid, ça mouille et on se gèle les miches après !

Il n'y avait qu'avec les autres enfants où le bât blessait. Rien de bien malheureux. Je n'étais qu'un gamin solitaire. Je n'aimais pas suivre le mouvement général ou être le centre d'attention. Mais j'avais quelques amis avec lesquels je pouvais m'amuser tranquillement dans notre coin. Parfois, de pauvres idiots venaient nous embêter. On se moquait souvent de ma petite taille, de mon corps rachitique, mais ça n'est jamais allé plus loin. Je vivais ma petite vie normale d'enfant comme il y en a des dizaines dans le Maine.

Puis est arrivé le drame qui a détruit mon petit nid bienheureux. Il pleuvait, ce jour d'automne. Un vrai déluge. Comme d'habitude, j'étais rentré en bus à la maison que je savais trouver vide car Maman rentrait plus tard de son travail. Ce soir-là, elle était en retard. Et elle n'est jamais rentrée. Il pleuvait vraiment fort ce soir-là. La route était humide, l'air sombre et lourd, la visibilité réduite ; l'autre conducteur ne l'avait sans doute pas vue. Aucun des deux n'a survécu à l'accident.

Moi, je n'avais pas d'autre famille que Maman. Un temps, j'ai espéré que ce Papa inconnu arriverait de nulle part, comme dans les livres et les films. Mais rien du tout. Alors j'ai espéré qu'une tante, un oncle, des grands-parents, une famille éloignée, fassent leur apparition. Encore une fois, rien du tout. J'ai fini dans un orphelinat. C'était il y a trois ans maintenant. Je ne me plains pas, j'ai eu Maman avec moi pendant treize ans, là où des enfants n'ont jamais connu leurs parents. Mais j'étais trop vieux, et un peu bousillé, alors personne ne voulait de moi. J'aurais pu faire des bêtises, des conneries même, mais je voyais dans mes rêves le regard de Maman se brouiller de tristesse. Alors je me suis juste replié sur moi-même, avec mes rêves brisés, mes photos et mes peintures. Ce sont elles qui m'ont sauvées. Elles m'ont montré que je pouvais continuer à faire quelque chose qui ne serait pas morne.

Il y a tout juste un an, il est arrivé un autre événement qui a chamboulé ma petite vie déjà bien bancale. Ma mutation a débuté. Je vous ai déjà parlé de la douleur de la transformation, je n'y reviendrais. J'ai eu de la chance, en vérité, les gens de l'orphelinat ne m'ont pas foutu dehors, et n'ont pas appelé la police. Ils m'apportaient à manger quand j'étais cloué au lit. Même s'ils me regardaient avec une terreur de plus en plus visible, ils ont continué à s'occuper de moi. Pour ça, je les en remercie. Je crois qu'ils étaient sur le point d'appeler de l'aide extérieure, un peu perdus eux-mêmes sur ce qu'ils devaient faire, quand un gars étrange s'est présenté. Il revenait du Canada, et semblait moins qu'aimable. Mais il avait été envoyé par un certain Professeur d'un Institut spécialisé pour accueillir les mutants.

J'étais seul, entouré de gens qui ne savaient pas quoi faire de moi, et paumé par ma mutation. Je l'ai suivi sans poser de question, même s'il me foutait une trouille monstre. Mon petit cœur d'oiseau s'effrayait de son aura de prédateur, et il ne causait pas un mot. Je n'en ai pas dit un seul moi-aussi, recroquevillé dans mon coin, intimidé. Parler avec le Professeur fut plus agréable, surtout qu'il pouvait capter mes pensées quand ma gorge se serrait d'angoisse et refusait de lâcher un mot.

Je ne suis installé que depuis quelques jours mais je me sens bien dans cet Institut. On ne me regarde pas vraiment. Il y a beaucoup de mutants ici et je ne suis pas le seul dont le corps s'est transformé. L'espoir, qui n'était jamais vraiment mort – car Maman m'a toujours répété de chérir l'optimiste – est revenu en force. Cet endroit est protégé, pour l'instant du moins. Je peux y être moi-même, et reconstruire ma petite vie dans une nouvelle tranquillité.
 

 





○ Prénom et Nom : Anoushka Viktorovna Kitaëv
○ Age : 8 ans et 6 mois (si, si, ça a son importance)
○ Race : Zootrope
○ Forme animale :  Je suis une louve ! Si c'est vrai... une fois au moins. J'avais vraiment très peur, alors ça a réussi. Mais j'arrive plus facilement à avoir les oreilles et la queue. Sauf que je ne contrôle pas tout le temps ma transformation. Alors Dedoula, il me gronde à chaque fois. Et Baboula a toujours des yeux inquiets. Moi, j'aime bien être ma louve. Je sens tout, je vois mieux, j'entends même les insectes marcher - j'crois. Mais comme j'veux pas les fâcher, j'essaye de ne pas me transformer sans contrôler. L'autre fois où j'étais une louve – une vraie de vraie ! Et bien, j'ai pu me regarder dans une flaque. J'me souviens comme ça comment elle... j'étais. Parce que Dedoula et Baboula, ils m'ont pas vue, même s'ils m'ont cru quand je leur ai dit et sont maint'nant plus inquiets encore. Ma louve, elle est vraiment très belle. Noire comme la nuit avec des yeux gris comme les étoiles. Sa fourrure m'a semblé tellement douce, très fournie, presque comme des nuages. Elle est plus petite que le gros Sobaka, notre chien, plus fine aussi, on dirait qu'un coup de vent va l'emporter. Mais je me sentais forte sur ses pattes.
○ Métier : J'aide Dedoula à garder nos moutons.... Hihi. C'est drôle, non, pour une louve ? J'aime bien ce travail, parce que je peux courir partout et m'amuser dans les bois. Sinon, j'accompagne aussi Baboula vendre nos légumes et nos céréales en surplus au marché. Comme ça, je peux y retrouver mes amis.
○ Crédit avatar : art of evre.
 


 

 

  - Grand ou petit ? Ou entre les deux ?  J'suis grande ! C'est Baboula qui le dit. Mais Dedoula, il rit toujours quand elle dit ça. Pourtant, je grandis un peu tous les mois. Ya la preuve sur une poutre de la maison. Dedoula, c'est juste un géant. Les autres enfants, ils ne sont pas si grands que ça à côté de moi. J'suis plus grande que certains garçons, s'il faut une preuve. Mais je suis toute fine ; on m'appelle même « l'Efflanquée ». Quand Baboula entend ça, elle le dit à Dedoula, et le soir, j'ai droit à du mouton. C'pas courant à la maison, de manger nos moutons. Mais il paraît que j'ai besoin de manger beaucoup de viande, donc ils font de leur mieux. J'ai hâte d'être plus grande. Si je chasse, ils pourront garder les moutons.
 
  - T’as des signes particuliers ?  J'ai plusieurs petites cicatrices sur les bras et les jambes à force de crapahuter dans les bois, mais c'est tout.
 
  - Décris-nous un peu ton style vestimentaire :  J'aime pas les vêtements fragiles, je les abîme toujours et Baboula, elle me gronde. Parce que, ça coûte cher, de beaux vêtements, et que la petite gigoteuse que j'suis, et bien, elle grabouille dans toute la campagne. Et les arbres, eux, ils n'aiment pas vraiment les belles étoffes. Ou ce sont elles qui sont trop sensibles. Quoi, grabouiller ? C'est un mot à Dedoula, ça. Il le dit toujours quand je gigote trop et que j'fais des grabuges. Baboula, elle, elle dit que je me cradouille le minois. Donc je porte des vêtements larges, un pantalon, une chemise et des bottes, des habits « de garçon », selon ce que grommelle Baboula, un peu vieux, surtout quand j'vais garder les moutons. Depuis que je me transforme, Baboula m'a tricoté une cape à capuche, pour me sauver si jamais je manquais de contrôle. Ce n'est encore jamais arrivé. J'ai aussi un vêtement pour la messe. C'est une jolie robe verte et blanche à froufrou assortie d'une très jolie ceinture en cuivre à laquelle je dois faire très attention mais aussi d'un foulard de cou et d'un chapeau sur lequel je place les plus jolies plumes que j'arrive à trouver dans la forêt. Par contre, je n'aime plus le rouge car parfois, je vois mal cette couleur.

 
  - Y a-t-il un objet que tu portes toujours sur toi ?  Toujours de toujours ? J'ai deux objets dont j'veux ab-so-lu-ment pas me séparer. Ya ces lunettes d'aviateur, en cuivre, avec des verres de la couleur de la forêt, que Dedoula, il m'a donné quand j'ai eu 7 ans. Il m'a alors dit que j'étais assez grande pour en prendre soin. C'était à Papa, qu'il m'a dit, qu'il portait lorsqu'il commandait un dirigeable. Et ya aussi l'amulette de Mama, avec la Croix du Seigneur. Elle me protège, que Mama croyait. Alors j'essaye d'y croire.
 
   
 

- Tu pries tous les soirs ? Oui, tous les soirs, avec Baboula et Dedoula. Souvent, c'est pour les moutons et les légumes. Mais de plus en plus, ils demandent aussi de me protéger. Moi, je lui demande de protéger notre petite vie tranquille, que rien ne vienne la chambouler, même si j'me transforme en louve.

- T’aimes les animaux ? 8D Et oui ! J'aime même nos moutons, et pas qu'en ragoût ou en brochette. Dedoula, il m'a interdit de leur donner des noms, parce que sinon, je pleure pendant des jours quand on doit les manger. Mais ya Sobaka, le chien de troupeau. Il sait rassembler les moutons, mais son travail, c'est surtout d'empêcher des prédateurs de les manger. Il est très gros et très fort, le Sobaka. J'ai eu peur qu'il ne veuille plus d'moi depuis que je me transforme en louve, parce que les loups, ils aiment un peu trop les moutons, mais Sobaka, c'est un vrai fidèle de toutou. Il me reconnaît malgré tout, et nous restons de véritables amis.

- Ton pire souvenir, c’est… ? Quand j'ai dû dire à Dedoula et Baboula que j'étais une zoothrope. A la messe, dans les rues, partout en fait, on dit que ce sont des démons. Je me sentais mal. Parce que, je les aime beaucoup et que je ne voulais pas les rendre tristes. Et aussi, parce que c'pas terrible, de se retrouver à penser être une mauvaise créature. Je me suis enfuie de la maison pendant des jours. Ils m'ont retrouvée, terrifiés à l'idée de m'avoir perdue, toute couinante au fond des bois – c'est Sobaka qui m'a trouvée. Et là, le cauchemar s'est arrêté. Car Sobaka, il ne m'a pas attaquée. Baboula, elle m'a prise dans ses bras pendant que Dedoula me caressait les cheveux. Et ils m'ont dit que mon Papa, leur fils, était un zoothrope lui-aussi, que ce n'était pas grave, qu'ils m'aimaient quand même.

- A quoi ressemble ton chez toi ? On vit loin du village. Baboula, elle en est heureuse, depuis que je me transforme. Avant, elle se plaignait que ses vieux os ne supportaient plus la marche pour y aller. Elle a peur du cheval, donc elle ne le monte pas. Et on n'a pas assez d'argent pour acheter une machine, même pour les champs. Notre maison n'est pas si petite que ça. Nos ancêtres, bah, ils étaient un peu plus riches. C'est une grande maison où il fait un peu froid en hiver, avec sa seule cheminée. Ya un grenier où j'aime bien aller jouer. A côté, ya les champs. A droite du jardin de Baboula, où je n'ai pas le droit de jouer car j'écrase toujours ses fleurs, il y a le potager et le champ de céréales. De l'autre côté, ya la grange avec le cheval et l'enclos des moutons. Dedoula, il n'aime pas trop les laisser dehors sans surveillance. On possède une... mh... je sais compter jusqu'à cinq. Donc on a plus de quatre fois cinq moutons. Sobaka, il dort avec eux. On est tellement dans la cambrousse que c'est rare qu'un dirigeable nous survole. C'est toujours un événement ! Un jour, je voudrais être là-haut et voir la maison plutôt que l'inverse. Comme on n'a pas assez pour avoir un tracteur mécanique, c'est le cheval qui tracte. Mais il est aidé avec un labour à vapeur... moitié, moitié. J'sais pas trop comment l'expliquer. On n'a pas beaucoup d'objets technologiques. La plus belle pièce, c'est une horloge mécanique qui nous dit l'heure. Baboula, elle voudrait acheter un petit transporteur à vapeur, parce qu'elle peine vraiment à se rendre au village, surtout quand on va vendre nos produits au marché, même si je l'aide. Je pense que ça peut être marrant...

- Une journée normale, pour toi, ça ressemble à quoi ? Le matin, je me lève avec le soleil, comme Dedoula et Baboula. Eux, y mangent pas le matin, mais moi, j'ai droit à de l'avoine bouilli dans du lait de brebis, pour que j'sois en forme. Parce que c'est vrai que j'suis fatiguée le matin. J'suis très active la nuit, en fait. J'arrive pas à dormir, j'ai envie de sortir, de courir, de flâner dans la forêt. J'ai pas le droit, alors je m'occupe comme je peux. Bref ! Le matin, j'suis fatiguée, donc la bouillie, ça me requinque (encore un mot de Dedoula, ça). On va dans la prairie avec les moutons, et je les regarde manger. Souvent, je m'endors. Comme ça, quand je me réveille, c'est l'heure de manger et après je suis en forme. Dedoula, il m'apprend alors comment m'occuper des moutons. C'pas facile depuis que je me transforme, parce que les bêtes, elles ont peur de mon odeur. C'est pour ça que Dedoula m'amène avec lui, pour qu'elles s'habituent à moi, comme au chien de garde. Quand le soleil commence à se coucher, on rentre à la maison, on mange une soupe (le repas que je préfère le moins...). Ya que le dimanche où ça change. Le dimanche, on va au village, on s'habille avec de beaux habits pour la messe, et après, j'ai le droit à une friandise de mon choix.

- Ok, si tu pouvais devenir Tsar demain, qu’est-ce que tu ferais ? Je demanderais à l’Église d'être plus gentille avec les zoothropes qui ne sont pas méchants. Pourquoi qu'on serait forcément des créatures du Malin, hein ? P't'être que c'est le Seigneur qui a décidé de nous faire comme ça, nous, on choisit pas ! (Mais chuuuut... Le cœur de Baboula ne tiendrait si elle m'attendait dire ça...)
 


 

 Quand je suis née, Mama et Papa étaient déjà partis tenter leur chance en ville. Papa, il venait d'obtenir le droit de piloter un dirigeable, et Mama l'aidait dans ce travail. Du coup, j'étais pas prévue dans leur plan. S'ils s'occupaient de moi, ils risquaient de perdre leurs postes, et ils voulaient améliorer la vie de toute la famille. Alors ils m'ont amenée à Baboula et Dedoula dans la campagne. Ce sont eux qui m'ont élevée, mes parents, je les ai peu connus. J'l'en en veux pas... juste un peu. Je sais qu'ils voulaient rentrer, qu'ils m'aimaient car ils m'envoyaient des lettres tous les mois, mais ya eu un accident avec leur dirigeable et ils ne sont jamais revenus. Je venais de fêter mes cinq ans.

Donc je n'ai jamais vu autre chose que la ferme, la forêt, le pâturage des moutons et le village. C'est pas bien grand là-bas aussi, ya surtout une église, le marché et quelques bâtiments dont je connais pas l'utilité. J'y ai des amis là-bas, alors j'aime bien quand on y va avec Baboula. Elle ne veut pas que j'y aille seule, car la maison est un peu éloignée, et le chemin lui fait mal au dos. Mes amis et moi, on se rejoint donc dans un champ à mi-chemin où on a créé notre « Village de Bois » avec plein de cabanes. Parfois, je suis la cheffe, parfois, non. Mais je gagne souvent nos défis. Et puis, quand les plus grands viennent nous tenir tête, c'moi qui me démonte pas devant eux, et ils ne m'aiment pas vraiment. C'pas grave, j'ai des amis formidables.

Ya Natya, la fille blonde du boulanger. Elle sent toujours bon le pain ou les pâtisseries. Tous les garçons sont à ses pieds mais elle est timide donc elle n'en profite pas. Maksim surtout, il fait tout ce qu'elle veut, et n'veut pas ; c'est très drôle. Puis ya Louka et ses jolis rubans. Elle vient toujours jouer dans des beaux vêtements, j'comprends pas... Elle arrive à ne pas les abîmer ! Andrei, lui, c'est l'autre chef, et mon meilleur ami. C'est le fils d'un homme influent au village, il sait bien parler, même écrire et lire ! Moi, j'aimerais bien être aussi instruite. Il est gentil, l'Andrei, il essaye de m'apprendre. Dedoula aussi, il sait un peu écrire et un peu lire, mais c'est limité.

C'est que j'voudrais faire comme Papa et Mama. La ferme, j'aime bien ça mais j'vois pas passer ma vie à m'occuper des moutons. J'sais pas s'ils arriveront un jour à se faire à ma partie lupine. J'aime les machines, elles me fascinent. Notre horloge mécanique, ya que moi à la maison qui sait comment la réparer quand elle crachote un peu. Si elle s'arrête, faut aller la réparer chez le spécialiste. J'aime aussi dessiner des cartes – Andrei m'a fait apprendre par cœur comment écrire les lieux ; Dedoula, il appelle ça « cartographier ». Mais pour étudier ça, faudrait aller à la Capitale j'crois. Et être un peu plus riche. Maint'nant qu'on sait que j'suis une zoothrope, c'est encore moins possible. Ils ont trop peur pour moi.

C'est déjà difficile de me cacher quand on vient vérifier nos animaux. Ça n'arrive pas souvent, parce que nos moutons, ils font le fromage pour le village. Tant que je reste sage dans mon coin, je suis tranquille... Parfois, j'pense que je préférais quand j'étais normale, c'était moins stressant. Baboula et Dedoula, ils m'ont acceptée, parce que Papa était aussi un zoothrope, un faucon lui, et qu'il n'a pas été trouvé. Mais personne d'autres ne doit le savoir, qu'ils me répètent. Je suis d'accord avec eux, parce qu'Andrei par exemple, il me détesterait s'il savait. Il n'aime vraiment pas les zoothropes, même s'il est adorable à côté.

Mais j'pense quand même que je voudrais le dire à d'autres zoohtropes. Je ne sais pas comment me contrôler, j'ai besoin de l'aide d'un adulte qui y connaît. Baboula et Dedoula, ils n'ont pas su pour Papa avant longtemps, il s'est débrouillé tout seul, et on ne sait pas comment. Papa, il était plus grand qu'moi aussi la première fois qu'il s'est transformé. Moi, c'est arrivé peu après sa disparition. Et la seule fois où j'me suis totalement transformée en ma louve, j'étais poursuivie par un méchant chien. Il a heureusement eu peur de la louve, même si elle est encore petite, et il m'a laissée tranquille.

Alors, pour l'instant, je ne change pas mes habitudes. Jouer, manger, aider Baboula et Dedoula à la ferme. Le temps des problèmes, je ne suis pas pressée qu'il arrive.

 



○ Prénom et Nom : Raz'Sha
○ Age : 35 ans
○ Race : Valeth
○ Planète : Phos'il
○ Métier : Officiellement médecin. Mais, oublieux de ma frêle carrure, je ne répugne absolument pas de distribuer, plus ou moins efficacement, quelques beignes par-ci, par-là. Pour soigner la connerie, cela va sans dire.
○ Crédit avatar : Akreon (Deviantart). Pour l'avatar du tableau de perso : Windy Cube.
 


 

 

  - Grand ou petit ? Ou entre les deux ?  Je dirais que cela dépend du point de vue. Si vous oscillez vers 1m80 ou moins, étant par exemple un humain, je vous apparaîtrai comme une véritable perche à poils. Pour un Valeth cependant, je suis assez petit, presque tous mes congénères me dépassent en taille, et encore plus en largeur. Je suis plutôt du genre poids plume, même si je l'oublie trop souvent. J'ai tout essayé pour prendre du poids, que ce soit de la graisse ou du muscle. Je m'en foutais cordialement, tant que c'était de la masse en plus. Me gaver de sucreries, dormir plus que nécessaire, faire de l'exercice, manger équilibré, et cetera, et cetera. Rien à faire. Mon corps est rebelle, il veut rester aussi fin et élancé qu'un roseau. Un roseau qui frappe cependant comme un chêne, grâce à la détente que m'octroient mes longues pattes. Elles, elles sont taillées pour la vitesse et l'agilité, et elles me servent bien quand je dois fuir une situation devenue trop orageuse.
 
  - T’as des signes particuliers ?  Hormis mon fabuleux pelage oscillant entre l'or d'un soleil éclatant et l'éclat roux de l'ocre qui me fait repérer à des kilomètres à la ronde dans la blancheur immaculée de Phos'il (ou toute autre endroit présentant des teintes différentes) ? Je passe des heures à m'en occuper, quand je n'ai rien à faire, et même quand le temps me manque. La fourrure, c'est précieux, il faut bien en prendre soin. Pour répondre à ma propre question, et bien, mes yeux sont difficilement oubliables, si j'en crois les nombreux compliments qu'ils reçoivent. Une couleur fauve difficile à décrire à mi-chemin entre le vert clair, le doré et des éclats de châtain et d'ocre. Notons aussi que ma fourrure forme une sorte de crinière mi-longue sur le sommet de ma tête, avec des mèches qui s'entêtent à s'échapper à tout contrôle auquel je voudrais les soumettre et que ma queue est particulièrement longue et touffue... La tentation est grande, mais non, je ne ferais pas de blague salace sur une pauvre incompréhension concernant cette phrase.
 
  - Décris-nous un peu ton style vestimentaire :  Bwarf... ça dépend de ce que je trouve. Des habits propres, déjà. Je ne supporte pas m'enfiler sur le pelage un truc qui schlingue ou qui a vécu trop de mauvais jours. Pas plus que je n'aime porter des vêtements qui contraignent mes mouvements. Avec la forme de mes pattes, c'est dur de trouver un pantalon qui y rentre. Donc je me contente souvent d'une sorte de pagne. Le premier qui me parle de jupe, je lui refais le portrait comme aux autres imbéciles qui m'ont fait la réflexion. C'était pas beau à voir. Oh, j'ai bien un haut aussi, mais ça m'arrive très souvent de l'enlever, parce que ça me comprime les poils (et de l'oublier quelque part... il y a mon nom dessus, si jamais. Ramenez-le moi, ça serait gentil).
 
  - Y a-t-il un objet que tu portes toujours sur toi ?  Ma sacoche de toubib. Bien garnie, bien rangée, avec du matos de qualité. On peut dire tout ce qu'on veut sur ma grande gueule et mon sale caractère que ça ne serait pas des mensonges, mais je prends à cœur mon métier. Au moins comme ça, que ce soit pour retoucher une pauvre âme ou votre serviteur, j'ai toujours du matos sous la patte. Et oh, j'y glisse aussi tous mes objets de valeur, au cas où. C'est la seule chose que je sais ne pas oublier lors d'une subite fuite en fanfare.
 
   
 

- Où te planques-tu ? (vaisseau, station orbitale, planète, etc.) e suis actuellement coincé sur une station orbitale sans moyen d'en repartir sans me ruiner, pour le peu de crédit dont je dispose encore, ou y laisser quelques poils, parce que il y a des mecs louches qui me cherchent. En fait, pour arriver ici, j'étais médecin à port d'un vaisseau de contrebandiers. Je me fous pas mal de leurs activités tant que j'ai un travail. Mais j'ai la sale manie de rendre mes patrons complètement fous de rage contre moi. Je crois que pour celui-là, je lui ai dit entre quatre yeux que sa tronche me revenait pas et que j'étais pas là pour lui servir de larbin, mais bien pour lui sauver les miches si jamais, à lui ou à un de ses hommes. Les miches du derrière, comme les miches de devant. Là, il est devenu rouge, tout le sang lui montant à la tête, et ça ne s'est pas arrangé quand j'ai embrayé sur le fait que je ne pourrais rien faire pour arranger la laideur de son visage parce que je ne suis pas capable de miracle. Résultat ? Une bonne raclée, mis à la rue, sans salaire. Bien joué, Raz, faut vraiment apprendre à garder ta langue dans ta grande gueule. Bref. Je suis coincé, et je cherche un travail.

- Tu joues au poker (si si) avec un poulpe violet, un Xzblorg, un tapis qui parle et un droïde à tête de canard. Qui est-ce que tu surveilles ? Moi, jouer au poker ? La bonne blague, si ça arrive, c'est que je suis déjà bien imbibé. Je ne sais absolument pas bluffer, ni mentir, encore moins garder pour moi mes pensées. Si ta tête me revient pas, que je le veuille ou non, je vais te le dire bien en face à voix haute. Donc le poker, vous oubliez. Je serai capable de déblatérer sur mon jeu et mes plans. Mais je me méfierais du poulpe. Avec autant de tentacules, il y a moyen, et pas qu'un, de tricher, et aussi de refourguer des beignes à tout va.

- Dans les cantinas, qu'est-ce qu'on dit de toi ? Dès que je m'attarde trop dans un endroit, on va surtout parler de ma grande gueule. J'ai une poisse horrible. Si je dois me mettre quelqu'un à dos, ça sera quelqu'un de connu dans le coin, et les nouvelles vont vite. Qui voudrait engager un médecin qui ne sait pas se la fermer et qui n'hésite pas à dire la vérité crûment ? Alors quand j'arrive à entrer dans une cantina sans me faire lyncher, ce qui est déjà difficile en soi car j'ai de nombreux ennemis qui voudraient bien me refaire le portrait, et bien  j'essaye de redorer les rumeurs qui traînent sur moi. Pas facile tout ça. J'insiste notamment sur mes capacités médicales qui, sans trop d'arrogance de ma part, sont pas mauvaises du tout. Je ne sais pas si ce sont mes efforts qui ont porté leur fruits ou si c'est juste une coïncidence, mais les propos haineux ou injurieux à mon égard côtoient aussi des éloges sur mes aptitudes.


- Les lois, la politique, la Confédération du Commerce, l'écologie... t'en penses quoi de tout ça ? C'est quoi comme question ça ? Un piège ? Nan mais, qui tomberait dans un panneau aussi grotesque. Quelle connerie... Bah, je n'ai pas trop d'opinion générale, hormis sur l'écologie, mais je vais y revenir dans deux minutes. Juste histoire de vous expliquer que si je m'en fous un peu de la situation, je suis du genre à avoir le sang qui ne fait qu'un tour. Et je ne suis pas médecin sans avoir de l'empathie, doublée par le pire sens de la justice qui soit quand vous avez une once d'instinct de survie. Si je ne suis pas un rebelle, je peux donc tout à fait embrasser leur cause sur le moment si je suis confronté à un quelque chose qui me remue le sang. Sans trop y réfléchir en vérité. Quant à l'écologie... mais bon sang d'merde ! Il serait plus que temps qu'on se bougent le fion, et les hauts placés en premier, parce que ça devient une calamité de soigner des gens totalement imbibés de pollution. C'est à s'en arracher les poils.

- Une journée normale, pour toi, ça ressemble à quoi ? Dormir, manger, m'occuper de ma fourrure, voir si j'ai des patients. Dans cet ordre là, sauf s'il s'agit de soins urgents ou si je n'ai pas de travail (et donc pas de patients). Je fonctionne en cycles : trois siestes plus ou moins longues suivies de trois repas plus ou moins copieux (très souvent des sucreries, par pure gourmandise) suivis de trois séances de toilettage suivies de trois tournées des patients. Et je déteste qu'on brise mon rythme. Donc je déteste quand des couillons me renvoient à cause d'un parole un peu trop virulente et que je me retrouve sans travail.

- Si tu trouves la planète Alpha, qu'est-ce que tu fais ? Une autre putain de question piège, hein ? Que voulez-vous que j'en fasse de cette découverte ? La garder pour moi ? Aucune de mes pensées ne reste longtemps secrète. Si seulement elle existait, cette planète... Je suppose que ses premiers habitants auraient besoin d'un médecin. J'essaierai sans doute d'éviter qu'on merde à nouveau concernant la pollution et tout. Mais franchement... J'ai bien peur que ce ne soit qu'une illusion agréable, cette planète.
 


 

  Le commencement de mon histoire est des plus basiques. Le petit être geignard que j'étais est né sur Phos'il au sein d'une famille aimante. Père, mère, grands-parents, oncles et tantes. La totale, sans doute le rêve pour certains. J'étais le plus jeune de la famille et je le suis resté jusqu'à ma majorité. Tout le monde était donc aux petits soins de la boule de poils rachitique et capricieuse que j'étais alors . On voulait me voir grandir, prospérer et accomplir mes rêves. Mais bon, je n'ai jamais réussi à obtenir gain de cause. Parce que je suis toujours une rachitique boule de poils capricieuse. Je ne suis pas devenu le héros que je voyais dans mes rêves de gosse, rempli de muscles et de charisme, devant qui tout le monde tombait à ses pieds. Non, ça, ça n'arriva jamais, malheureusement. Pas plus aujourd'hui qu'hier, à ma grande désolation.

Malgré ce cadre idyllique, je me rappelle une enfance malheureuse. C'est que j'étais un joli con à l'époque, à ne pas savoir apprécier la chance et le bonheur que la vie m'avait octroyé. Je ne retenais que les murmures moqueurs de mes camarades d'âge. J'étais le plus petit, le plus mince, le moins trapu. Des rumeurs circulaient sur une ascendance en partie humaine. Ça m'a foutu réellement mal, cette histoire. D'une part car je commençais à croire que ma mère et/ou mon père m'avaient menti (tous les deux sont des Valeths purs souches), d'autre part car mon ego blessé me rendait hargneux. Et qu'à l'époque, je croyais encore que je pourrai me battre avec mes poings contre bien plus grands et forts que moi.

J'ai appris à la dure que je devais trouver une autre tactique. Ça a commencé de là, ma vulgarité, ma hargne, cette envie dévorante de me battre quand quelque chose me déplaît. Les années n'ont rien arrangé. Je suis devenu blasé, retors, une vraie tête à claques. Mes oncles et mon père ont dû me sauver les miches plus d'une fois. Je voyais que ma mère peinait à sourire quand je me réveillais à l'hôpital. Et j'ai failli tuer mes grands-parents d'une crise cardiaque à plusieurs reprises. Si ma culpabilité n'a jamais réussi à me rendre plus aimable, j'ai cessé de me battre pour privilégier les mots sarcastiques. Et puis, bon, à l'époque, j'avais soudainement d'autres chats à fouetter.

Parce qu'il m'était subitement venu en tête l'idée d'être médecin. Pour soigner ma famille des conséquences de ma connerie surtout, et moi aussi, au passage. Il s'est avéré que, lorsque je me concentrais, j'étais plutôt bon pour apprendre, et doué en médecine. Je m'y consacrais donc avec un réel engagement, à la grande joie de ma famille. Qu'ils ont été rassurés par ma nouvelle vocation ! Jusqu'à ce que je réalise un autre rêve d'enfant, que le premier avait écrasé de son ombre impossible, mais qui me revenait en tête maintenant que je l'oubliais. Et merde, que c'était chiant d'éviter d'y penser alors qu'il me trottait ou me tournoyait dans la cervelle !

J'allais partir dans les étoiles, servir sur un vaisseau, et non dans un hôpital sur ma planète. Et quand Raz décide quelque chose, personne ne peut lui faire changer d'avis, pas même la voix courroucée de son père ou les yeux humides de sa mère. J'avais décidé de partir, alors je partis sitôt ma formation terminée. Comme je m'étais tenu sage durant ces années, un ancien professeur m'avait servi de garant pour trouver un poste. J'y restais trois mois avant de succomber au charme de la fille du patron, ce qu'il n'apprécia pas. Je me carapatais à la première escale avant qu'il ne m'éventre avec l'un de mes propres scalpels. Le premier d'une longue liste de déboires.

Je me découvris coureur de jupons au cours de ces premières années dans l'espace. De vaisseau en vaisseau, de planète en planète, de station en station, je charmai ou succombai à quiconque me plaisait ou me faisait les yeux doux. La jolie serveuse du bar du coin. Le craquant barman d'une cantina. Et ainsi de suite. Aujourd'hui, quelques années après, calmé de cette frénésie, je me fais la sage réflexion qu'elle n'est due qu'à un irrésistible désir d'être aimé, entouré, ou encore chouchouté, mais que cela m'était interdit à cause de mon incapacité à trouver un emploi stable. Peut-être que m'en être rendu compte va enfin me faire cesser mes sottises pour trouver l'âme sœur. Oui, il y a un cœur d'artichaut caché sous ma carapace, ces couches de hargne et de sarcasmes que j'envoie contre le monde afin de me protéger.

Bon... ma nouvelle résolution ne m'empêcha pas de mettre les pattes dans un affreux bourbier. J'ai accepté le deal d'un contrebandier dont l'équipage souffrait d'une affreuse intoxication alimentaire. Le mec ne pouvait pas se permettre d'attendre qu'ils se soient remis de leurs tripes dégueulées à tout va et mon job était simple : les rafistoler au mieux pour au moins leur permettre de naviguer afin d'amener leurs marchandises à bon port – je ne sais toujours pas ce que c'est. Si la curiosité pouvait tuer comme une maladie, parce qu'on peut crever des conséquences d'un œil trop curieux que des malotrus auraient mal pris... bref ! Je serais déjà aux affres d'une longue agonie.

C'en suivit ma « bourde » auprès du capitaine, mon renvoi sans le sou avec une jolie gueule cabossée et ma situation actuelle, abandonné que je suis sur une maudite station. Je ne peux que ronger mon frein en me répétant en boucle que je dois trouver un vaisseau pour me barrer d'ici, fissa, avant d'y laisser ma peau. Parce que, comme si je n'avais pas assez d'emmerdes, des gars d'un ancien travail m'ont reconnu et aimerait bien me passer à tabac. J'ai mis une demi-journée à me souvenir de ce que je leur avais fait. Une histoire de refus de jouer au poker, de moqueries mal digérées et d'une vengeance qui m'avait fait gagner leur blé. J'avais trop bu, sinon je me ferais contenté de défouler ma hargne avec mes poings. Et comme j'ai déjà dépensé tout l'argent, je n'ai rien à leur offrir contre ma vie.

Alors je traîne près des cantinas pour tendre l'oreille au cas où une offre providentielle me tomberait des nues. Et je laisse quelques annonces ici et là, espérant que ce ne soit pas un de ces gars qui veulent ma peau pour s'en servir de couverture qui y répondra. L'espoir fait vivre ce bon vieux Raz, même s'il préférerait plutôt se goinfrer de sucreries à bord de sa propre cabine dans un vaisseau magnifique dirigé par un/e capitain/e sympathique qui ne prendrait jamais grippe de ses propos. Mouais... heureusement que j'ai l'espoir pour me caler.
 

 



○ Prénom et Nom : Furaha Nuru
○ Age : 34 ans
○ Race : Shaman
○ Campus : Papou
○ Matière/spécialité : Histoire shamanique
○ Crédit avatar : artofsamhogg
 


 

 

  - Grand ou petit ? Ou entre les deux ?  Je ne me sens pas très grande mais il paraît que je le suis. Il est vrai que j'ai l'habitude de baisser les yeux pour parler à une personne plutôt qu'à les lever (c'est très important, de regarder dans les yeux quand on parle à quelqu'un, c'est une marque de confiance, de respect, de... eh oui, je m'égare). Mais pour moi, je ne le suis guère. Ou du moins pas assez. Pourquoi ? Parce que quand j'étends mes bras au maximum, je n'arrive pas à toucher le ciel. Mon petit Simba me hurle dessus quand je sors cette explication. Il est amusant, mon gamin, si terre à terre alors que j'ai abandonné ma tête aux nuages. Il me bougonne ensuite, quand il ne résiste pas à mon regard chagriné, que je suis soit une girafe, soit un arbre, selon son humeur, grande, mince et élancée. Il est poète avec ça, mon fils.
 
  - T’as des signes particuliers ?  Nous avons convenu que ma grande taille pouvait en être une. Sans doute aussi mon air perdu dans le vide, ou plutôt dans un quelconque songe éveillé. Mais ce qui frappe le plus les autres, selon leurs réponses à mes questions, c'est le contraste saisissant entre ma peau chocolat et la blancheur éthérée de mes marques de shaman qui couvrent mon visage et le haut de mon corps. Et pour ceux qui ne les voient pas, le choc est tout aussi marquant avec mes yeux d'un bleu-gris si clair qu'ils en paraissent parfois transparents. « Des lacs dans les flancs d'une montagne du désert. » J'entends encore la voix de ma mère me bercer avec ce vers dans les heures noires de la nuit.  C'est plutôt avec amusement qu'elle me le dit aujourd'hui avec sa voix chargée par les ans.
 
  - Décris-nous un peu ton style vestimentaire : Je dirais qu'il est... mh, comment dire ? Atypique. J'aime utiliser des matériaux étrangers pour confectionner moi-même mes vêtements. Comme du métal. Son argent mat ou éclatant permet de créer de magnifiques parures. J'aime prendre soin de moi-même. C'est un plaisir sain, selon mon humble avis, lorsqu'il n'est pas relié à une trop grande arrogance, et qu'il reste simple. Comme coiffer diligemment une longue chevelure brune petite tresse par petite tresse et la couronner d'une jeune fleur ouverte sur l'aube de sa vie.  Quant aux tenues, elles doivent avant tout être pratiques, et belles dans un second temps. Je ne supporte pas ces vêtements qui entravent les mouvements... Pourquoi se donner la peine d'en porter si on ne peut plus courir, danser et apprécier la vie ?
 
  - Y a-t-il un objet que tu portes toujours sur toi ? Je ne me sépare jamais de mes boucles d'oreille en forme de lune. C'est Jelani, mon fils, qui les a fabriquées. Il y a passé une année entière à me faire des cachotteries. J'ai bien ri à le taquiner à ce sujet. Mon Simba est si facilement susceptible. C'est un jeu entre nous, de nous chamailler et nous chercher les poux. Et elles sont sublimes. C'est autant par fierté que par amour que je les porte quotidiennement.
 
   
 

- C’est quoi la matière qui t'intéresse le plus/le moins à l’école ? Oh, et bien, je suis professeure d'Histoire shamanique et donc, sans surprise, il s'agissait de ma matière préférée. J'ai toujours aimé comprendre d'où nous venions et ce qui nous avait mené ici. Même l'Histoire qui n'a que peu à voir avec les Shamans. C'est toujours intéressant, et comme je m'ennuie beaucoup... D'ailleurs ! J'ai toujours été curieuse de tout. Je me suis notamment intéressée durant ma scolarité à l'invocation et la botanique, qui sont deux disciplines qui m'attirent encore, par moment. Cela dit, j'ai eu un peu plus (beaucoup plus) de mal avec les matières du pôle scientifique et l'informatique. Par mes ancêtres ! C'est d'un ennui considérable. Trop de logique, trop de suites de chiffres, trop... trop de terre à terre ! (Et là, vous pouvez entendre Jelani soupirer en se tenant la tête. Qu'il est chou, surtout quand il rougit.)

- As-tu gardé des liens avec des gens extérieurs à Bruxia ? Ma famille est nombreuse, et tous ne sont pas des Shamans. Nous avons une très ancienne tradition shamanique, comme par exemple ce rituel séculaire d'appeler l'Esprit du Cycle de la Vie, Palasimbhala (dont le nom mélange avec délice l'antilope Palahala et le lion Simba), comme première invocation. Je suis d'ailleurs heureuse de retrouver ce vieil ami entre deux couloirs de l’École. Cependant, nous gardons aussi un contact étroit avec les non-shamans. Ce qui n'est pas très compliqué quand nous vivons tous dans un grand domaine en Afrique orientale. Même ceux qui résident à Bruxia s'y rendent régulièrement, notamment pour les fêtes de famille (nombreuses et réunissant un vaste monde). Nous avons en effet une tradition familiale très développée et qui a gardé son côté matriarcal. Parfois un peu trop, car il en est resté rigide. C'est une chose que je veux changer. Je n'aime pas être bloquée dans le passé. La vie passe par le changement et l'évolution. Et puis, si je devais m'occuper, comme il se doit, des finances de la famille, elle irait droit à la ruine ! Alors que mon petit lion, lui, manie les chiffres avec une habilité remarquable.  

- Que penses-tu de Favelras et de la légende selon laquelle Julio est de retour ? Oh bon ! C'est bien regrettable tout ça. Qu'ils pointent le bout de leurs détestables museaux et soient chassés fissa ! C'est que je n'ai pas envie que Jelani grandisse dans un monde battu par leurs miasmes. Il mérite la lumière et la joie, mon fils, lui qui est déjà si sérieux. Ce que j'en pense de Favelras et de Julio ? Juste l'inquiétude d'une mère quant au futur de son garçon.

- Les gens, s’ils doivent te décrire en trois mots, ils disent quoi d’habitude ? L'adjectif qui revient toujours, et en première place bien souvent, est « excentrique ». Jelani me le martèle souvent, avant d'ajouter que je suis « trop dans l'excès, que ce soit la joie, l'énergie, et un peu hyperactive » et de bougonner qu'il a l'impression qu'il est l'adulte et moi l'enfant. Quand j'en ris, il gonfle adorablement ses joues et se replonge dans son livre en boudant. On me dit sinon que je suis érudite, et très curieuse, amicale et maternelle. J'ai peut-être aussi tendance à être trop empathique et me mêler des affaires qui ne me concernent guère. Cette habitude peut m'être douloureuse. J'ai peu de résilience à la tristesse, qu'elle vienne de moi ou d'un autre, surtout de quelqu'un que j'aime.

- Une journée normale, pour toi, ça ressemble à quoi ? Me lever à l'aurore pour prendre un bain et m'occuper de mes cheveux et de ma peau ; on ne se refait pas, même en s'approchant de la quarantaine. Je vérifie ensuite que mes cours de la journée sont bien prêts, ayant tendance à oublier par-ci par-là certaines petites choses. Si mes cours commencent tard, je guette l'emploi du temps de mon fils, qui me fuit bien souvent dans l'enceinte de l'Ecole, ou alors je cherche Palasimbhala pour profiter de sa sagesse et de son humour. Une fois la journée finie, il faut bien s'occuper des cours à venir, des copies à corriger, et j'en passe. Parfois, quand j'ai peu de travail, je bosse sur un sujet de recherche qui m'a intriguée. Jelani daigne enfin apparaître pour le repas du soir et nous finissons la soirée ensemble à jouer à des jeux de société ou se défier aux devinettes. Et avant de se coucher, un brin de toilettes et de la lecture pour se détendre.

- Si tu étais M. Cumulo, que changerais-tu dans l’école ? Je ne sais trop... peut-être plus de projets en commun, de l'interdisciplinarité... Oh ! Je sais ! Plus de fêtes et de jeux pour dérider un peu ces pauvres élèves assommés par tant de cours et de devoirs. Je suis de plus certaine que les Esprits en seraient RA-VIS.

PS : Palasimbhala
Spoiler:
 
 


   
Mon histoire est des plus banales. Sortez peut-être un bouquin ou tout autre objet chasseur d'ennui, ou prévoyez de bailler. En plus, ça détend de bailler, plaignez donc les girafes qui en sont incapables, ces pauvres insomniaques.
Je suis née dans la famille Nuru en Afrique orientale. Nos plus vieilles racines remontent jusqu'à la grande civilisation swahili qui voyait nos ancêtres naviguer et commercer avec les Chinois et les Indiens avant l'arrivée du colon portugais. Mais je ne vais pas vous faire un cours d'Histoire. Même s'il y aurait bien plus de choses intéressantes à en dire. Pour ma famille, tout commença par l'amitié et l'amour ; l'amitié entre une femme et l'Esprit du Cycle de la Vie et l'amour entre cette même femme et un homme, lui-aussi Shaman.

Une histoire des plus banales, je vous l'avais dit.

L'arbre des Nuru crut alors, assez rapidement, et sur son tronc initial germèrent une multitude de branches. Pour autant, elles ne se séparèrent pas sur les continents, amoindrissant leurs liens par la distance. Tous les membres de la grande famille Nuru résident en effet depuis toujours dans le grand domaine ancestral. Un peu bizarre pour les yeux extérieurs ; quel délice d'accueillir un(e) nouveau/elle époux/épouse ! C'est toujours un coup à rire à s'en tenir les côtes et à se faire pipi dessus, ou presque. Nous n'aimons guère quitter ce domaine, qui est notre cocon réconfortant. La seule exception est l’École de Bruxia. Mais pour le reste du monde, les Nuru n'aiment pas s'en mêler ; nous n'avons pas encore réussi à nous adapter aux changements rapides de ces derniers siècles.

Pour en revenir à ma propre personne, je descends de la branche principale et, à mon grand damne, je suis supposée porter prochainement le chapeau de la Matriarche Nuru. Quelle plaie ! Ma mère s'en désole et espère que l'âge m'apportera de la sagesse. Jelani ricane tout bas qu'elle risque d'attendre longtemps. Il s'excuse tout aussi vite devant nos deux regards courroucés ; il ne faut jamais s'interposer dans le combat entre deux lionnes. Même mon petit lion sait quand il doit battre en retraite, sous le regard amusé des autres Nuru dans les environs. Eux se gardent bien d'intervenir.

Parlons-en de mon fils ! Il a onze ans et est déjà bien trop sérieux pour son âge. Je crains que l'absence de son raté de père n'en soit à l'origine. Monterais-je les crocs ? Oui, sans doute. J'ai eu ce gamin trop jeune. A peine vingt-trois, l'année de ma sortie de Bruxia... J'ai eu la naïveté de succomber à un sourire ravageur et de beaux yeux d'un ciel bleu. Jelani en a hérité, à ma grande joie, car c'est le seul bon souvenir que j'ai de cet homme qui s'est barré dès l'annonce de la grossesse. J'ai failli appeler Palasimbhala pour le pourchasser. Les femmes Nuru sont des lionnes. Notre fureur n'a d'égal que notre joie de vivre. Heureusement, ma mère a acquis la sagesse de l'âge plus rapidement que moi et a su retenir ma fougue vengeresse.

Je sais que c'est un peu compliqué pour Jelani. Il voudrait chercher à retrouver ce père dont on ne parle jamais chez les Nuru mais le méprise en même temps. Personne ne lui a caché sa lâcheté. Je pense que ça a participé à le vieillir prématurément : il veut que tout le monde soit fier de lui dans la famille. Ma fierté, qui n'a jamais failli depuis le premier jour, ne semble pas lui suffire. Ce sérieux rend son fameux sourire charmeur bien trop rare mais je sais encore comment le faire sortir. Et puis, c'est tout aussi amusant, et adorable, de le faire bouder, et en fait, beaucoup plus facile. Je l'exaspère, d'après lui.

Que dire de plus sur moi ? Les meilleures années de ma vie ? Je ne saurais trop le dire. Mon Simba éclaire ma vie depuis qu'il est né, mon enfance fut heureuse, tout comme les années à Bruxia. Il n'y a guère que l'interlude avec le père de Jelani pour venir entacher mon passé. Je préfère ne plus y penser. Je suis heureuse de revenir à l’École, du côté des « profs » cette fois-ci, ce qui me fait bien rire car je faisais partie d'un petit groupe d'élèves bien motivés pour faire des farces, créer des problèmes et préparer des fêtes. J'ai hâte de voir ce que mes élèves me réservent J'ose espérer avoir encore assez d'imagination pour leur répondre avec brio. Et ce qui est encore mieux, c'est que Jelani a enfin l'âge de venir m'y rejoindre.

Oooh... Je sens que cette année va être fabuleusement intéressante.


 


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Dernière édition par Silivren le Dim 10 Mar 2019 - 0:32, édité 18 fois

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MessageSujet: Re: Petit oiseau perdu   Petit oiseau perdu - Page 2 EmptySam 9 Mar 2019 - 23:44
Silivren a dit :
Et voilà le fameux dragounet ! (Si possible me le remonter aussi, comme Micha, vous serez des cookanges <3).


○ Prénom et Nom : Viholvärakuuna le Chante-Mage. Il se pourrait que je vous autorise à utiliser le petit nom de Viholvä, je vais y réfléchir... Oh quel papillon irisé ! Ce serait-ce pas un Mot de couleur ? Intéressant... Hein ? Quoi, mon petit nom ? Allez, ouste.
○ Age : 777 ans.
○ Alignement : Neutre
○ Race : Dragon
○ Classe : Mage
○ Métier : Sorcier Chamane. Je peux comprendre que cela vous semble flou dit ainsi alors je vous fais grâce d'une petite explication. Mes pouvoirs reposent sur l'utilisation de l'Ääni qui est un ancien mot d'une langue magique quasi-disparue qui peut être traduit par "la Parole" et définie comme des Mots de pouvoir, dont la connaissance et l'imbrication permettent de lancer des sortilèges, des malédictions et tout le reste du tralala chamano-magique... Tout est clair, maintenant, n'est-ce pas ? Continuons... L'action de lier l'Ääni pour former les sortilèges nécessite de chanter – j'ai en effet une voix de toute beauté ; chanteparler ou chantemager bien entendu. Quant au côté concret de mes pouvoirs, il est assez varié. Pas besoin d'expliquer le sortilège, j'imagine... Le blot est un rituel permettant de passer un contrat avec une force de la nature, un "donnant donnant", par le biais d'un sacrifice plus ou moins important. C'est quelque chose qui prend un temps considérable... je n'en use pas souvent car je manque régulièrement de patience : mon esprit se détourne rapidement d'une tâche aussi ardue et lassante. Je ne suis pas un dragon très impressionnant, surtout au regard de certains de mes comparses, mais j'ai acquis dans les environs de MA montagne une réputation de lanceur de malédictions. C'est que, si l'on m'enquiquine, je n'ai aucun scrupule à envoyer contre mes ennemis un hiisi et ainsi obtenir la paix. Ce sont de détestables créatures forgées par un condensé de magie néfaste issue des sentiments souvent considérés comme négatifs tels que la haine ou la colère. Je peux également effectuer des transes chamaniques, appelées volvä, qui me permettent de rentrer, par la méditation ou l'usage de substances peu recommandables, dans l'Entre-mondes. C'est un lieu dangereux peuplé de forces incontrôlables mais qui permet d'apercevoir des brides de passé ou de futur, si l'on ne s'y perd pas. Je dois donc avouer qu'il s'agit d'un exercice dangereux dans lequel je ne me lance qu'en cas de nécessité. Se balader dans l'Entre-mondes est une chose, chercher à percevoir le passé, et encore plus les innombrables futurs, c'en est une autre ; il y a un gouffre immense entre les deux.
○ Crédit avatar : clow555 (ou clowSSS ?)
 


 

 

  - Grand ou petit ? Ou entre les deux ? Comme il n'y a pas vraiment de standard fixe dans la gente draconesque, je ne peux pas vraiment me décrire en fonction de mes comparses... Je ne suis pas l'un de ces immenses et patauds reptiles aussi grands que des montagnes, pas plus que je ressemble à un dragon-fée. Dans l'entre-deux de ces extrêmes, il y a une multitude de tailles... tiens ! Prenons l'humain standard en étalon référence. Débout sur mes quatre pattes, je le dépasse aisément d'une à deux têtes et je dois faire le triple en longueur. Je ne suis pourtant pas très impressionnant car je suis de ces dragons filiformes qui n'ont pas d'ailes pour gonfler leur taille comme leur orgueil. Ma magie me suffit, grands Mots !
 
  - T’as des signes particuliers ?  La beauté illuminée d'un coucher de soleil de mes écailles ? La blancheur ivoirine de la neige la plus pure qui serpente sur mon ventre ? Le noir d'onyx de mes yeux aussi acérés que la lame d'une épée de jour et aussi doux que la pleine lune la nuit ? L'éclat d'écorce de mes cornes qui s'élancent fièrement vers le firmament au sommet de mon crâne ? ... Je pourrais continuer longtemps ainsi, croyez-moi.
 
  - Décris-nous un peu ton style vestimentaire :  Je suis un dragon, par les Mots ! Que voulez-vous que je fasse d'habits, à part m'encombrer inutilement et cacher la beauté irréelle de mes écailles ? Quelle calamité... Toutefois, j'aime porter des bijoux, notamment des boucles d'or, d'argent, de pierres précieuses, de plumes et de toute autre chose pour agrémenter mes longues oreilles. Je pare aussi mes cornes d'anneaux de différents métaux. Et je suis assez frileux (n'ayez crainte, je vous en expliquerai la raison plus tard), ce qui fait que je porte souvent un bonnet à deux pompons, une large écharpe et des mitaines... Ne riez pas, j'ai des Mots de colère en réserve. Ou un hiisi qui s'ennuie, au choix.
 
  - Y a-t-il un objet que tu portes toujours sur toi ? Mmmh... voyons voir, je ne suis pas très matérialiste. Je n'ai pas besoin de livres, ma tête fourmille de mes connaissances et des Mots de l'Ääni. Je ne peux pas dire que je porte toujours sur moi bonnet-écharpe-mitaine, ce serait mentir et j'ai le mensonge en horreur ; l'Ääni me m'obéit plus tant ma langue en est écorchée et ça me file la migraine quand j'en entends un. Quant à mes bijoux, je les change très régulièrement, car je m'en lasse vite, et puis, il m'arrive souvent de les oublier et de m'en recréer. Je ne vois donc pas trop... ah si ! Ce drôle de récipient que j'ai créé après un songe étrange dans l'Entre-Mondes. Je ne sais pas d'où il vient ni ce qui est écrit dessus mais je le trouvais tellement étonnant et amusant que je ne m'en sépare plus depuis : on n'en trouve pas deux comme ça à Heavensaw !
   
 

- Avoue. Y’a une race que t’aimes moins/plus que les autres ! On me dit souvent que je suis très naïf et que je fais confiance aux mauvaises personnes parce que j'ai la manie d'appliquer à la lettre ma neutralité : j'offre mes services à quiconque si le projet m'intéresse quelque part. Et comme je n'aime ni le massacre ni le mensonge, ça m'évite de me faire trop d'ennemis... Les entourloupes et les taquineries, ça, je n'y rechigne pas par contre. Alors disons qu'il n'y a guère que les gobelins que je ne supporte pas : ils ont trop ce côté trompeur et mesquin en eux pour éviter de mentir dans une discussion qui s'éternise plus de deux minutes. Du coup, ils me filent la migraine et je me retrouve cloué dans ma grotte, dans le noir, à vomir mes tripes et mes boyaux. En fait, je suis allergique aux menteurs, toutes races confondues, voilà tout.

- Un inconnu te propose un deal : tu te fais avoir, en général ? Ou c'est toi qui roules les autres ? Je suis un manieur des Mots. Pas les petits, mais les grands Mots de l'Ääni. Je fonctionne aussi au donnant-donnant, ne faisant rien si je ne reçois rien en retour. Alors, oui, on peut croire m'avoir, en me faisant effectuer un service plus grand que la récompense promise, mais je viens toujours réclamer mon juste dû. Et vous ne voulez pas me voir en colère, vraiment pas. Je suis aussi tenace qu'une tique quand quelqu'un me doit quelque chose.

- Tu te retrouves face à trois trolls super vénères... Qu'est-ce que tu fais ? Oh... à froid, comme ça, je ne sais pas trop. Si je suis fatigué et que l'idée de combattre m'ennuie, je pense que je m'enfuirai sans remord en m'envolant (oui, même sans ailes, c'est magique !) tout en mémorisant leurs faces pour leur envoyer plus tard un hiisi. Ou alors, je serais d'humeur à combattre et là, je sortirai le grand jeu des Mots pour leur foutre une raclée en bonne et due forme. Des trolls, quoi... Sérieux, envoyez-moi des adversaires à ma mesure. Je suis physiquement une crevette à cornes mais tant que je peux parler, je suis redoutable, faut pas croire.

- Où est-ce que tu dors le soir ? (Ou le matin. Ou l’après-midi. Tu dors, d'abord ?) J'habite depuis plusieurs siècles sur MA montagne. Un joli petit bout de terre dans les limites reculées des Monts de Krokdor. Nombre de mes comparses ont déjà essayé de m'en chasser mais j'ai réussi à les en dissuader après un ou deux blots déclencheurs de tempêtes (des mois de préparation, des mois de convalescence, c'est crevant ces machins-là) et quelques centaines d'hiisi. C'est Mon chez-Moi, je ne le donnerai à personne, qu'on le garde pour dit. Même s'il y fait extrêmement froid dernièrement.

- Une journée normale, pour toi, ça ressemble à quoi ? Une journée normale ? Qu'est-ce que c'est ? ... Plus sérieusement, je la fuis comme la peste. Je ne supporte pas l'ennui et la normalité apporte cette dangereuse maladie. Alors je m'amuse à "redécorer" Ma montagne avec l'Ääni, je déclenche une avalanche dans ma caverne, je me laisse dériver dans l'Entre-mondes, j'oublie la notion de temps à m'en affamer, je fomente quelques malédictions envers les voleurs de montagne, je me crée des ennuis, je regarde voler les oiseaux, je tombe d'une falaise, je chasse les papillons, je me perds en les suivant, j'observe les insectes, les nuages, le monde, je tombe nez à museau avec des trolls, je concocte des mixtures plus ou moins licites à base de plantes, je m'empoisonne sans le savoir et cetera. Et non, je ne suis pas maladroit... pas tout le temps. Parfois, je quitte MA montagne, en la laissant pourvue de pièges de toutes sortes, pour vaquer par-ci par-là à la recherche d'un nouveau Mot. L'Ääni est un apprentissage sans fin : il y des multitudes de Mots pour décrire une chose par l'une de ses centaines de nuances. Et il suffit qu'il me manque le Mot de la bonne nuance pour faire capoter mes sorts et mes sortilèges. Et généralement, dans mes vagabondages, je me retrouve embrigadé dans une quête plus ou moins idiote-dangereuse-intéressante-barrez la mention inutile sans trop savoir comment ni pourquoi...

- Si tu possédais le miroir de Guldin, qu'est-ce que tu en ferais ? Oooops... la question piège. Pas d'oreilles pointues-cheveux blonds, de longues barbes et d'écailles de paladin dans les parages ? Bien, je vais vous faire une confidence... J'ai vécu assez de siècles (si vous dites "vieux", je vous mords...) pour avoir connu Heavensaw avant la Brèche. Et bien, c'était d'un ennui ! Un équilibre parfait... A quoi sert un chamane dans un tel monde ? Je suis un médiateur entre les forces déchaînées de la Nature et les dangers de l'Entre-mondes et les habitants d'Heavensaw. Le monde est beaucoup plus intéressant depuis que cet équilibre parfait est rompu. Je peux travailler à jouer sur la balance de l'équilibre si elle penche trop d'un côté ou de l'autre. Alors je ne sais fichtre rien de ce que je ferais de ce miroir... tout serait moins amusant s'il revenait à sa place mais, en même temps, je me sais incapable de le détruire ou de le cacher. Mieux vaut qu'il reste hors de ma vue. Je laisse le soin à d'autres d'essayer de le récupérer... je pourrais les y aider s'ils me fournissent un contre-don intéressant ou alors je leur mettrais des bâtons dans les roues si c'est la partie adverse qui obtient mes services.


 
Jusqu'à l'arrivée de la Brèche en Heavensaw, mon histoire était assez banale pour un dragon. Petit dernier de ma nichée, j'ai mis de longues minutes à briser ma coquille. Qu'est-ce qu'elle pouvait être lourde ! Sans parler des bousculades des frères aînés qui s'amusaient déjà à se bagarrer un bout de territoire dans le nid. Mère avait décidé de ne pas intervenir en prévision de la vie solitaire qui allait être la notre. Ce fut donc mon premier combat, et non le plus facile. J'arrivais au monde dans un halètement fatigué, le cœur battant, tant j'avais cru finir ma courte vie avant qu'elle n'ait vraiment commencé, étouffé dans mon œuf. Mes deux frères et ma sœur dévoraient déjà à grandes bouchées leur première viande et je restais, sonné et indécis, à les fixer d'un air ahuris. L'instinct prit vite le relais et je crapahutais vers la nourriture d'un pas faiblard, oublieux de mon immense fatigue et de la chaleur accueillante de ce qu'il restait de ma coquille. Deuxième combat de ma courte vie : choper et préserver mon morceau de viande.
Ma petite enfance fut une succession de combats pour tout et rien. Mes frères et ma sœur étaient deux fois plus gros que moi et bien plus combatifs. Ils n'avaient rien de ma carrure de crevette et de mon pas malhabile, encore moins ma curiosité maladive. J'ai au moins le mérite d'avoir été le premier à quitter le nid, échappant à la surveillance de Mère, pour m'aventurer dans le grand monde que je dévorais de mes yeux émerveillés. Même quand un immense aigle crut bon d'essayer de se mettre au dragonneau... il avait dû croire, filiforme comme j'étais, que j'étais juste un gros louveteau roux. Je roussis ses plumes de mes premières étincelles et il s'enfuit en paillant ; encore une victoire. Je voulus alors retourner au nid raconter fièrement mon exploit quand il m'apparut que j'étais perdu et incapable de retrouver mon chemin ; encore une défaite. Je restais toute la nuit blotti entre deux rochers en pleurnichant, terrifié d'être seul, sans guère de défense et frigorifié. Cela ne m'avança à rien : pas de Mère à l'horizon, je devais me débrouiller tout seul pour rentrer. Certains dragons apprennent à la dure leur vie de solitaire.
Si je finis par retrouver le chemin de la caverne, ce fut un coup de chance : après des jours à me morfondre, d'autres à hurler ma famine en cherchant ma famille, j'avais fini par gober des insectes pour me rassasier et la curiosité avait pris le relais ; ce fut en suivant un papillon, que j'avais fini par dévorer devant la mine surprise d'un de mes frères, que je retrouvai enfin le chemin du retour. J'étais déjà un sacré bon baratineur à l'époque et je tins en émoi Mère et ma fratrie un long mois en contant mes exploits avant qu'ils ne s'en lassent. Mais, à mon grand damne, je restais la crevette à cornes du lot. J'eus cependant une autre occasion de me faire remarquer par Mère de façon plus durable. Alors que je grelottais de froid, déjà plus frileux que mes frères et ma sœur car j'en étais encore resté au stade des étincelles alors qu'ils crachaient de petites flammes, j'avais instinctivement bougonné l'un des Mots de chaleur et l'Ääni m'avait naturellement obéi. Il va sans dire que je m'endormis illico presto, le sortilège me prenant une grande partie de mon énergie, mais j'étais inconscient de la chose et je ronronnais dans la chaleur qui m'entourait enfin.
Tout cela sous les yeux estomaqués de Mère. Elle-même était – est encore –  une chamane reconnue parmi les dragons (elle se mêle rarement aux autres races). Ni mes frères ni ma sœur n'avaient fait montre d'une quelconque prédisposition à la magie chamanique et elle désespérait de n'avoir engendré aucun chamane. Voilà que je venais de rallumer ses espoirs. Elle qui ne m'avait accordé qu'une intention lointaine jusqu'alors, elle se mit en tête de me former. Alors que j'aurais dû la quitter dès que j'eus appris à voler (par l'usage inné d'un Mot de vol qui se transmet héréditairement dans notre famille sans besoin d'un quelconque pouvoir chamanique... ne me demandez pas pourquoi, je n'en sais rien), comme mes frères et ma sœur, elle me garda à ses côtés un long moment. J'appris auprès d'elle une grande partie de mes connaissances magiques : beaucoup, beaucoup, beaucoup de Mots, comment utiliser l'Ääni en chanteparlant, le rituel complexe et long du blot (une gageure), le moyen d'effectuer une volvä sans prendre de substances, savoir reconnaître les dangers de l'Entre-mondes et plein d'autres choses. Du haut de mes 777 ans, j'ai évidemment empilé à cette base une foule considérable de connaissances mais je ne peux nier que je dus à Mère une parfaite formation. Cette partie de ma vie se termina pourtant brutalement. J'étais resté auprès de Mère bien plus longtemps que je n'aurais dû et, l'instinct revenant en force, elle commençait à éprouver pour moi un mélange de jalousie, de méfiance et de colère ; je dus finalement fuir ses crocs.

Mes véritables premières années en tant qu'adulte débutèrent alors et elles consistèrent pendant un siècle à me faire valdinguer de montagne en montagne par mes congénères. A cette époque très naïf et crédule, je croyais par-ci que ce mont-là était vierge d'occupant, par-là que ce dragon-ci serait accueillant. Désillusion sur désillusion... Si j'avais quelques crocs cyniques par-ci par-là, rien ne semblait pouvoir entamer ma bonne humeur : quel voyage ! Ma curiosité n'en était jamais assouvie. Je trouvais toujours de nouvelles choses à voir, à tester, à toucher, à apprendre... et tant de Mots pour enrichir mon vocabulaire et amplifier la force de l'Ääni que je maniais avec de plus en plus de facilité ; la pratique, il n'y a jamais rien eu de mieux. Surtout avec ma capacité à me fourrer dans des ennuis plus gros que moi.
Il arriva pourtant un moment où j'en eus assez de vadrouiller sans un chez-moi fixe auquel rentrer quand je désirais me reposer. Une nuit que je voletais dans l'Entre-mondes, insouciant et rêveur, j’aperçus une montagne briller d'une lueur explicite : c'était chez-Moi. Je sortis aussitôt de la volvä pour m'y diriger en chair et en os... sans prendre le temps de vérifier si l'endroit n'était pas déjà habitué. Mal m'en prit ! C'était en effet le cas et le propriétaire ne comptait pas me laisser MA montagne comme ça. C'était un jeune dragon de mon âge qui venait à peine d'arriver, juste quelques minutes avant moi, une sorte de brute sans cervelle. J'eus beau arguer que je me trouvais sur les lieux bien avant lui, mais en tant qu'esprit, cela ne servit à rien : d'une part, il ne sembla rien piger à ce que je lui expliquais de l'Entre-mondes, d'autre part, il n'avait pas envie de me céder le terrain sans combattre. Qu'à cela tienne, je voulais cette montagne et je ne comptais pas me laisser valdinguer cette fois-ci. Il n'y pourtant pas vraiment de combat car il me fut assez aisé d'embrouiller cette brute avec un hiisi farceur accompagné de quelques Mots par-ci par-là pour soit réchauffer la température jusqu'elle en soit étouffante ou au contraire la faire chuter au-delà du supportable. Au bout d'une année à supporter vaillamment cette situation, sans jamais réussir à me trouver, il finit par jeter l'éponge alors que je pensais devoir recourir à un blot. Qu'il était bon d'être enfin chez-Moi !
Le siècle suivant ? Opération découvrir ma demeure ! Je n'avais de cesse d'en être émerveillé, de la remodeler au gré de mes caprices et de m'y perdre plus d'une fois. De la protéger aussi. Mon petit bout de paradis ne m'appartenait qu'à moi. A MOI ! Et à personne d'autre. Ce fut pour pallier à ces menus problèmes de contestation d'appartenance que je me m'acquis cette réputation de lanceur de mauvais sorts. Mes appels aux hiisi devinrent dès lors de plus en plus subtils et puissants. Ils terrorisèrent mes plus proches concurrents qui firent passer le mot aux nouveaux venus : pas touche à MA montagne. Ma vie avant la Brèche était donc en somme toute banale, un peu ennuyeuse, je n'avais aucun travail chamanique à fournir hormis appeler ces hiisi et autres malédictions. Cette vie était rythmée par ma lutte avec mes comparses, parfois même mes frères et ma sœur que je ne devais recroiser qu'à ces occasions.

Les choses changèrent après l'arrivée de la Brèche. Ma petite vie tranquille en fut toute chamboulée. Le Miroir de Guldin perdu, l'équilibre parfait d'Heavensaw s'effondra et, avec lui, mon ennui. J'avais soudainement du travail. Tout d'abord, des quêtes auxquelles je crus bon de répondre tant elles semblaient nécessiter le recours d'un chamane. Apaiser les esprits déchaînés des eaux, des forêts, du vent ou d'un volcan. Servir de médiateur avec des âmes errant dans l'Entre-mondes. Et tant d'autres choses intrigantes... et dangereuses. La première fois que je retournai dans l'Entre-mondes après cet événement, je faillis me faire tuer tant il était devenu plus instable et dangereux. La Nature s'était aussi muée en une force beaucoup plus capricieuse et quémandeuse de contre-dons ; je dus bien souvent m'incliner devant sa force colossale.
Quant à ce que la Brèche amena sur nos terres... je dois avouer que je m'en trouvais très intrigué. Curieux de nature, je m'étais rapproché des elfes, des nains, des humains et des dragons-fées bien plus souvent que la plupart des dragons mais voilà que de toutes nouvelles races apparaissaient ! Que de nouveautés en perspective ! Cette avidité à trouver de nouvelles connaissances me conduisit dans de nombreux ennuis et d'innombrables aventures, qu'il serait trop long de relater.
Il arriva cependant un événement primordial durant le dernier siècle. Un événement qui a encore de l'incidence aujourd'hui. Le dragon que j'avais chassé dans ma jeunesse pour obtenir MA montagne ne m'avait jamais oublié, ni moi et ma magie 'pernicieuse' ni sa déconfiture, et il avait rongé sa rancune durant toutes ces années. Voilà donc qu'il revenait contester MA montagne et se venger par la même occasion ! Comble du problème, il ne s'était pas tourné les griffes durant ces siècles mais s'était entraîné pour devenir un mage puissant et rusé, comprenant qu'il ne m'aurait jamais avec la force brute. Alors que je notais à peine les résidus de sa présence, que je comprenais seulement qui il était, il avait lancé sur MA montagne un sortilège de froid éternel. Retour du bâton à l'expéditeur... Son sortilège, qu'il avait dû peaufiner des années durant, était pourtant plus retors que mon Ääni (et c'était moi qui avais la magie 'pernicieuse' dans le lot !) car le sortilège impacta aussi mon feu intérieur. Vous connaissez désormais la raison de ma frilosité excessive... Ce maudit Vastustaja !
Je crus dans un premier temps que je pourrais chasser l'impertinent qui osait revenir contester ma possession sur MA montagne. Mais je déchantais vite, au sens figuré comme au sens propre. Rien ne réussit : aucun hiisi, aucun blot, même l'Entre-mondes ; mon ennemi s'était renseigné sur ma vie et sur mes tours et s'était préparé en conséquence. Maudit Vastustaja, vraiment ! Et le pire dans tout cela, c'est qu'il me manque le Mot de chaleur pour défaire son horrible sort : j'en ai essayé des centaines, de milliers même ! Tous ceux que j'avais accumulé durant ces siècles et c'est un mot que j'aime particulièrement, le premier Mot que j'ai appris ; en vain. Je n'ai malheureusement pas en réserve la nuance.
Il ne restait donc qu'une chose à faire : partir en quête de ce Mot. Non sans laisser une foule considérable de pièges derrière moi pour protéger MA montagne. Même Vastustaja, que je ne sous-estimerais plus dorénavant, ne pourrait pas les défaire tous avant au moins un demi-siècle. Ce devait être un délai suffisant pour trouver ce Mot qu'il me manquait afin de délier son maudit sortilège et lui foutre une raclée.

 

 


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MessageSujet: Re: Petit oiseau perdu   Petit oiseau perdu - Page 2 EmptyDim 10 Mar 2019 - 0:13
Siparti a dit :
Alors, cette crevette à cornes. Je ne regrette pas du tout avoir passé 20 minutes à lire ta présentation XD C'était génialisisme #GENIUS. J'adore comment tu t'es inventé un langage propre à ton perso. Ta magie aussi. C'est fichtrement bien inventé. Ca tient et c'est inspirant.

En tous cas, Viholvä (V pour les amis ? 8D) a 100% mon support pour sa quête de revanche et la recherche de son Mot. On va lui rendre SA montagne screugneugneu

J'sais pas si mon mage va être très utile, mais une rencontre entre deux cerveaux de génies spéciaux ça risque donner du feu d'artifice...... non ? What a Face

Bref, tout le blabla habituel pour dire que :
- perso = génial
- histoire = top
- fiche = validée


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MessageSujet: Re: Petit oiseau perdu   Petit oiseau perdu - Page 2 EmptyDim 10 Mar 2019 - 0:21
Silivren a dit :
Ooow Viholvä est en mode parade tellement il est tout fier bwahaha.

En fait, ce n'est pas inventé tous ces mots. La magie de Viholvä est inspirée des magies chamaniques finnoises (chanteparler et chantemager, ça vient par exemple de ma traduction du Kalevala) et norroises. Du coup :
Ääni : finnois = la parole
blot : norrois (avec l'accent en moins car c'est chiant, il n'est pas sur mon clavier) = rituel assez semblable à celui que j'ai décrit, sauf qu'il servait aussi à se concilier les Puissances, soit les dieux.
volvä : norrois = mot pour décrire la magicienne/voyante/chamane dans les sagas norroises
hiisi : finnois = traduction des gobelins de Tolkien dans la version finnoise, ça me faisait tellement marrer que je devais reprendre le terme

Et sinon, le fait de dire "MA" montagne, c'est inconsciemment inspiré des Croods. J'ai la voix du père de la famille dans ma tête à chaque lecture bwahaha.

Edit : Et j'ai hâte de voir les étincelles folles de la rencontre entre Viholvä et Navi !


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MessageSujet: Re: Petit oiseau perdu   Petit oiseau perdu - Page 2 EmptyDim 10 Mar 2019 - 0:24
Siparti a dit :
Te connaissant je savais que ça allait être un truc comme ça, ce qui est juste encore plus cool What a Face T'as tous mes cookies, Sili !

Aaaah, sinon, par curiosité, la magie du chanteparler, tu penses que c'est un truc que seul certains mages peuvent apprendre (genre une affinité avec ce genre de magie est nécessaire ?) ou bien tu le vois comme un truc que tout le monde pourrait apprendre ? Vu que c'est un langage mort, y'a pas intérêt à avoir 1 000 000 chantemages, mais y'en a sûrement quelques-uns encore ?


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MessageSujet: Re: Petit oiseau perdu   Petit oiseau perdu - Page 2 EmptyDim 10 Mar 2019 - 0:28
Silivren a dit :
Je dirais que c'est plutôt une capacité innée qu'on a plus ou moins. Tout le monde peut voir/ressentir/sentir/toucher/entendre la chaleur, les couleurs, etc mais pas tout le monde ne peut percevoir les Mots, ou en tout cas, pas facilement. Les frères et la soeur de Viholvä, niet. Mais je ne dirais pas non plus que quelqu'un n'ayant pas d'affinité apparente sous la tutelle d'un chantemage n'y arrive jamais. L'exercice de la volvä (dans le sens donné pour la magie de mon dragounet) et l'expérience de l'Entre-mondes pourraient, après beaucoup d'entraînement, permettre de percevoir les Mots. Mais sans doute pas avec autant de facilité que pour quelqu'un pour qui les Mots sont une constante quotidienne.

Donc ouais, c'est rare.


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MessageSujet: Re: Petit oiseau perdu   Petit oiseau perdu - Page 2 EmptyDim 10 Mar 2019 - 0:31
Siparti a dit :
Ca tient, ça me semble logique monstre
Coolitude. Alors on RP ? /sort

Nan en vrai je veux trop mais je pense que les deux semaines suivantes vont être busy busy  cry
Tu m'en réserves un pour après, though ?  Cookie plein


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MessageSujet: Re: Petit oiseau perdu   Petit oiseau perdu - Page 2 EmptyDim 10 Mar 2019 - 0:32
Silivren a dit :
Promis, j'te réserve pour après ! glomp

Edit : Chères cookanges, serait-il possible d'éditer pour moi la fiche de Micha pour mettre dans sa forme zoothrope cette image :
Spoiler:
 
(réf = photo de Sunbird Travel Photo). Maaaarchi ! big love


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